Le Parti Socialiste exprime sa totale opposition à la proposition du Recteur de l’académie de Créteil concernant la mise en place d’une cagnotte pour récompenser l’assiduité des élèves, dans trois lycées professionnels.
Notre Ecole est au service des jeunes. Elle a vocation à les accompagner, à être vecteur d’une transmission des savoirs de qualité, à leur donner les armes et les connaissances nécessaire à leur autonomie et à leur épanouissement. Cette démarche est tout simplement contraire aux principes de l’Ecole de la République. A l’heure où nous devons redonner confiance en l’École, redonner l’envie d’apprendre et réaffirmer que l’École est une chance et en aucun cas une contrainte, cette mesure nous semble dangereuse. L’École ne se monnaye pas.
Dans une société où les valeurs de justice sociale, de solidarité, sont, chaque jour, mises à mal, où l’individualisme le plus primaire gagne chaque jour du terrain dans l’univers de notre jeunesse, le Parti socialiste entend tout mettre en œuvre pour préserver les enfants et les jeunes d’un cadre de vie et d’apprentissage dont le cœur seront les valeurs marchandes.
Une fois de plus, on prétend, très maladroitement, s’occuper des effets – l’absentéisme des élèves- alors que l’urgence est à une refonte en profondeur de notre système éducatif : les structures des établissements et leur place dans la cité et dans la société de la connaissance, les rythmes scolaires -la journée, la semaine, les vacances-, les nouvelles pédagogies en donnant toute sa place à l’élève dans les processus d’apprentissage, le développement des savoirs informels, les missions et la formation de tous les personnels chargés d’éducation…
Communiqué de Bruno JULLIARD,
Secrétaire national à l’Éducation
Le rectorat de Créteil a pris l'initiative, à titre expérimental, de récompenser l'assiduité des élèves dans trois lycées professionnels par le financement de projets de groupe pouvant aller jusqu'à 10.000 euros par an.
Le gouvernement - l'initiative a le soutien du Haut commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch - fait valoir qu'il ne s'agit pas de rétribuer les élèves en échange de leur présence en cours mais de les aider à financer des projets collectifs.
"L'essentiel, c'est le scandale de l'absentéisme scolaire qui concerne 10% des élèves", estime le secrétaire général de l'Elysée dans un entretien que publie Le Figaro mercredi.
"Je ne dis pas qu'il faut généraliser cette mesure, mais au moins laissons l'expérience se dérouler et voyons ce qu'elle donne. Notre devoir est d'être pragmatique pour obtenir des résultats contre le fléau de l'absentéisme", ajoute-t-il.
Dans un communiqué, le secrétaire national du Parti socialiste à l'éducation, Bruno Julliard "exprime sa totale opposition à la proposition du recteur de l'académie de Créteil".
Il juge cette démarche "dangereuse" et "tout simplement contraire aux principes de l'école de la République". "L'école ne se monnaye pas", poursuit Bruno Julliard.
Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, s'est dit pour sa part "très choqué" par cette mesure.
"On est rentré dans la société casino. C'est ridicule (...) Où est-ce qu'elle est l'école de la République? Je crois à des valeurs et j'ai l'impression que ces valeurs, en ce moment, foutent le camp (...) ", a-t-il dit sur Europe 1, dénonçant les suppressions de postes de professeurs "par dizaines de milliers".
SUSPENDRE LES ALLOCATIONS FAMILIALES
Le Haut Commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse, Martin Hirsch, a dénoncé lors de la séance des questions au gouvernement la caricature dépeinte par l'opposition.
"Il ne s'agit pas de payer les élèves, il s'agit de financer un projet collectif de la classe co-construit par les professeurs et avec les élèves", a-t-il fait valoir.
Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a toutefois reconnu que l'initiative avait "sans doute été mal présentée".
"Le mot de cagnotte me semble inapproprié. Il ne s'agit pas de donner de l'argent aux élèves parce qu'ils viennent en cours (...) Si c'était ça, je me serais mis en travers de cette mesure", a-t-il dit sur RTL.
"C'est un peu une bourse au mérite, c'est-à-dire l'idée que nous allons financer un projet collectif par établissement pour raccrocher les élèves", a ajouté le porte-parole du gouvernement.
Le secrétaire national de l'UMP, Xavier Bertrand, a reconnu qu'il avait besoin d'être "convaincu" sur cette question. "Il ne faut pas que ça serve à rémunérer les élèves", a-t-il dit sur LCI.
Estimant que l'assiduité est une responsabilité parentale avant d'être celle des élèves, Xavier Bertrand préconise de "suspendre tout ou partie des allocations familiales" pour les "parents défaillants".
L'Express.fr