Députée de la 2e circonscription et 1re secrétaire fédérale du PS 62, Catherine Génisson réagit doublement à l'annonce du redécoupage des circonscriptions dans le Pas-de-Calais. Un nouveau montage des territoires qui a le don de l'agacer fortement.
« La fédération PS du Pas-de-Calais a remis un mémoire au Conseil d'État et nous avons rencontré le ministre. Nos propositions n'ont pas été prises en compte, alors qu'elles étaient sans esprit partisan et respectueuses de l'histoire du département. Nous avions proposé un découpage respectant les équilibres. Nous n'avons pas été écoutés. »
« Ça va plus loin qu'une recomposition politique, c'est une recomposition absurde. Ce n'est pas respectueux des citoyens, c'est une claque à la démocratie. »
« Qu'il y ait réunion de la totalité d'une ville dans une même circonscription, bien sûr qu'on l'accepte. On l'avait même proposé pour qu'Arras rejoigne totalement la 1re circonscription... On a fait le choix à l'envers ! »
« Il y aura des débats internes. Pour l'instant, la discussion va porter sur cet aménagement politique qui n'est pas respectueux des enjeux démocratiques. » •
> (*). Suite à la suppression de la 11e, le canton de Cambrin part sur Liévin (12e) alors qu'on aurait pu le rattacher au Béthunois (9e). Tout comme le secteur de Noeux-les-Mines - dont dépend Beuvry - rattaché au Bruaysis (10e ).
Rattacher les cantons de Cambrin et de Noeux-les-Mines à Béthune pour les élections législatives. C'est la demande reformulée avant-hier par la députée Odette Duriez, faisant le deuil de sa propre circonscription, au secrétaire d'État Alain Marleix alors que la refonte de la carte électorale s'achève.
PAR CHRISTIAN LARIVIÈRE
bethune@info-artois.fr
La 11e circonscription dans sa configuration actuelle est condamnée à mort. Sa dernière titulaire en sursis ne cache pas qu'elle en a gros sur le coeur : « J'ai eu du mal à l'accepter. Je l'avoue franchement. » Mais la loi doit s'appliquer. Alors que le projet gouvernemental entre dans sa dernière phase, et que « les problèmes sont réglés à 95 % » sauf pour le Béthunois où l'avis de la commission consultative est toujours défavorable (lire ci-dessous), la future ex-députée-maire de Cambrin a refait des propositions au secrétaire d'État à l'intérieur.
« Nous étions sept ou huit parlementaires socialistes. Dominique Dupilet était venu nous épauler pour parler de ma situation et de celle de Jacqueline Maquet dans l'Arrageois, qui se retrouve avec 295 communes », indique-t-elle.
Résignée à perdre son territoire, la parlementaire entend au moins dire son mot sur la manière dont il sera dépecé. Or si elle admet qu'Annequin, Noyelles, Vermelles puissent être rattachés à Liévin en raison de leur passé lié à l'histoire du charbon, elle voit mal Festubert et Richebourg, communes rurales, englobées dans une circonscription minière. Et insérer Beuvry (canton de Noeux-les-Mines) dans la circonscription de Bruay plutôt que dans celle de Béthune, démographiquement déficitaire selon la commission, lui paraît une hérésie. D'autant plus que Béthune et Beuvry ont constitué un temps une même ville. Idem pour les cantons de Wingles et de Liévin que le respect des habitudes de vie commande de rattacher à Lens (13e) et non pas à Liévin (12e).
« Comment faire comprendre aux habitants et aux élus locaux qui oeuvrent sur un territoire ce redécoupage qui n'a de sens ni pour les territoires ni pour les habitants ? », a-t-elle plaidé.
Odette Duriez a néanmoins dit au secrétaire d'État qu'elle trouvait « justifiée et cohérente » la proposition de la commission de rattacher Noeux-les-Mines à Bruay.
« Il a pris des notes », relate-t-elle. Mais l'oreille gouvernementale manquait sans doute de conviction : « Je suis sortie de là furieuse. J'ai l'impression qu'ils font semblant d'écouter. » •
Redécoupage des circonscriptions électorales
« Toujours des crispations »
jeudi 30.07.2009, 14:00
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Le député Jean-Pierre Kucheida et Martine Aubry. (Photo d'archives)
La 11e circonscription, concernant le secteur de Cambrin, devrait, en partie, être rattachée à Liévin. Alors que la député Odette Duriez réclame du bon sens, Jean-Pierre Kucheida prône l'union
L'examen du texte a été laborieux et, démarré dans l'après-midi du jeudi 23 juillet, il ne s'est achevé que tard dans la nuit de vendredi.
Au final, l'avis rendu par le Conseil d'État sur le redécoupage des circonscriptions électorales satisfait le gouvernement.
Le secrétaire d'État à l'intérieur et aux collectivités locales, Alain Marleix, ne retient qu'un nombre relativement peu élevé de situations litigieuses qu'il lui reviendra de trancher avant l'examen des ordonnances devant le conseil des ministres du mercredi 29 juillet.
Le gouvernement propose désormais qu'une partie du canton de Cambrin soit rattachée à Liévin. Il faut dire que la 11e circonscription n'a jamais brillé par sa cohérence territoriale. Elle qui va de Laventie à Libercourt, de Noeux-les-Mines à Douvrin, entre six cantons, trois communautés d'agglomération (Lens-Liévin, Hénin-Carvin, Béthune-Bruay), deux communautés de communes (Noeux et Flandre-Lys) et trente communes. La députée Odette Duriez milite, soutenue cette fois par sa fédération pour que les cantons de Cambrin et Noeux-les-Mines ne soient pas rattachés à Liévin comme le prévoit la préfecture. « Ils sont vraiment Béthunois », dit celle qui fut vice-présidente d'Artois Comm. Elle réclame leur rattachement à la 9e circonscription.
Que pensez-vous du redécoupage des circonscriptions ? Jean-Pierre Kucheida : Je n'ai pas de point de vue. L'État réaménage les circonscriptions selon l'évolution du territoire et c'est tout-à-fait normal. C'est un exercice difficile, où la bataille avait déjà fait débat en 1986 concernant les cantons. La culture française n'est pas habituée à ce genre de changements, alors qu'aux États-Unis, le changement se fait tous les deux ans.
Dans le redécoupage proposé par l'État, votre circonscription s'étendra jusqu'à Cambrin. Qu'en pensez-vous ?
J-P. K. : Le découpage des circonscriptions se fait en fonction des impératifs et d'une logique géographique. Pour moi, ce redécoupage est à peu près respecté car nous ne nous éloignons pas trop du Bassin minier.
Pourtant, Cambrin a plutôt un côté rural par rapport à Liévin ?
J-P. K. : Peut-être, mais quand nous sommes à Cambrin, nous sommes toujours dans le Bassin Minier. Après, les attentes sont sûrement différentes entre un Cambrinois et un Liévinois, mais c'est à nous d'essayer de créer une unité.
Dans ce cas, comprenez-vous la réaction d'Odette Duriez (voir ci-dessus) ?
J-P. K. : Bien sûr, je comprends que ça puisse faire mal lorsqu'on touche à sa circonscription. Mais le découpage est un exercice difficile qui provoque des crispations, et les sortants sont toujours mécontents. Mais, c'est la même chose pour d'autres secteurs et d'autres retouches.
Regardez, sur ce redécoupage, j'ai perdu Avion et Méricourt.
Justement, que pensez-vous de cette perte ?
J-P. K. : C'est un regret énorme. Historiquement, les communes d'Avion, Méricourt et Liévin sont très proches. J'ai une attention particulière pour ces populations et j'entretiens d'excellentes relations avec les municipalités en place.
Finalement, il n'y a pas beaucoup de points positifs dans ce redécoupage ?
J-P. K. : Je pense qu'il y a des choses positives. Réorganiser les circonscriptions à cause de l'évolution du territoire peut être une bonne chose. Je me réjouis par exemple que certaines communes comme Boulogne ou Calais ne soient plus coupées en plusieurs circonscriptions.
Adrien JUSTINE
L'Avenir de l'Artois
Les circonscriptions du littoral entièrement remaniées par la réforme gouvernementale
Coups de ciseaux dans la carte électorale
samedi 01.08.2009, 14:00
Rendue nécessaire par l'évolution démographique, la réforme de la carte électorale fait grincer des dents au niveau de la fédération socialiste qui se voit amputée de deux circonscriptions
Les ciseaux sont posés sur la table. Avant les vacances politiques, le dernier conseil des ministres était chargé mercredi matin d'examiner la nouvelle carte électorale.
Il faut dire que le projet de redécoupage des circonscriptions sera l'un des dossiers chauds de la rentrée. A l'image des masques antigrippe, la calculette sera tendance en octobre. Notamment chez les socialistes puisque le projet d'ordonnance publié fin juin au Journal officiel montre que la gauche est lourdement pénalisée. Selon eux, sur les 33 circonscriptions métropolitaines, dix sont actuellement détenues par l'UMP, 23 par l'opposition. Faux, a répondu Alain Marleix, chargé de chapeauter le projet. Selon lui, la suppression des 33 circonscriptions concerne 18 élus de gauche et 15 de droite. Une querelle de chiffre qui a peu d'importance dans le Pas-de-Calais puisque les deux circonscriptions rabotées sont tenues par la gauche, ce qui a le don d'agacer les instances fédérales.
Dans le Pas-de-Calais, le grand chambardement est à prévoir puisque la région perdra cinq députés, trois dans le Nord, deux dans le Pas-de- Calais. C'est aujourd'hui quasiment établi, la 3e (Desvres, Lumbres...) et la 11e (Noeux-les-Mines, Laventie) vont disparaître de la carte électorale du 62. La troisième sera d'ailleurs redistribuée en trois : un peu sur la première (Bapaume, etc.), un peu sur la quatrième (Berck, Étaples, Fruges) tandis que la partie Nord (Lumbres, Desvres) ira se fondre dans la sixième actuellement détenue par Jack Lang. Pour rééquilibrer les masses, l'ancien ministre de la culture voit partir Calais vers la 7e circonscription de son camarade Gilles Coquempot qui en "possédait" déjà une bonne partie. Cette redistribution entraînera un jeu de chaises musicales. Et forcément des questions se posent.
Permanences de Gilles Cocquempot à Sangatte ?
Par exemple, où se présentera Jean-Claude Leroy (Lumbres) ? Son fief étant tombé dans la circonscription de Jack Lang, si ce dernier se représente, les débats d'investiture promettent d'être nourris. À moins que ce dernier ne suive la partie calaisienne de sa circonscription pour un éventuel mano a mano contre Natacha Bouchart, maire de Calais... Exit alors Gilles Cocquempot ? Pas sûr. «
Il n'y a pas de hasard, lâche d'emblée le député calaisien.
L'UMP veut nous laminer. Seuls les communistes sont relativement préservés. » Il n'entend d'ailleurs pas baisser les bras et donner l'impression d'offrir la septième sur un plateau à Jack Lang. Gilles Cocquempot pense à 2012 et réfléchit à la marche à suivre pour s'étendre sur un territoire pas encore conquis. «
Je ne veux pas donner l'impression d'abandonner le canton d'Ardres mais il faut nous faire connaître sur le canton du Calais nord-ouest », concède-t-il. A travers peut-être des permanences à Sangatte ou Blériot. Guy Allemand, maire de Sangatte, n'y est pas opposé. «
J'accueille tout le monde dans ma ville, explique l'édile.
Qu'un député accueille les habitants pour essayer de régler leurs problèmes, je pense même que c'est un petit plus pour la population. Si Gilles Cocquempot veut tenir des permanences dans ma ville, il est le bienvenu. » Elles pourraient commencer une fois les ordonnances votées. «
De toute façon, Gilles est identifié par la population comme étant le député de Calais, assure Daniel Boulogne, son attaché parlementaire.
Les habitants du Fort-Nieulay ont souvent du mal à comprendre pourquoi leur député a sa permanence pénale à Boulogne. Ils préfèrent le plus souvent venir à la permanence de Gilles Cocquempot qui les reçoit volontiers. » Alain Marleix, secrétaire d'État à l'Intérieur a souligné que ce projet sera effectué par le gouvernement sous forme d'ordonnances. Ceci dit, le débat de ratification desdites ordonnances par le Parlement, début octobre, s'annonce vif. Le PS souhaite contester les futures ordonnances devant le Conseil d'État avant de s'y opposer au Parlement, et menace de saisir le conseil constitutionnel une fois la réforme adoptée. «
Si l'ordonnance du gouvernement devait rester en l'état, les socialistes du Pas-de-Calais utiliseraient toutes les voies de recours possibles afin de faire échec à un projet inacceptable », dit-on à la fédération PS du Pas-de-Calais.
Vincent DEPECKER
Nord Littoral
Élection du député : le coup de gueule de trois élus
Le projet de découpage encore critiqué
jeudi 16.07.2009, 14:00
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Marc Boulnois, maire de Norrent-Fontes, Marie-Claude Vincent, maire d'Auchy-au-Bois, et Pierre Selin, maire d'Ham-en-Artois, ne veulent pas que leurs communes quittent la 9e circonscription chapeautée par André Flajolet pour rejoindre la 8e dirigée par Michel Lefait
Selon le souhait du gouvernement, deux circonscriptions vont disparaître et certains cantons vont migrer d'une circonscription à l'autre pour les prochaines élections législatives.
Certains élus s'y opposent
Marc Boulnois maire de Norrent-Fontes , Pierre Selin maire d'Ham-en-Artois et enfin Claudine Vincent maire d'Auchy-au-Bois, tous trois vice-présidents de la communauté Artois-Lys, lèvent le carton rouge.
« Nous n'acceptons pas le nouveau projet de découpage électoral ».
Ce projet du gouvernement, paru dernièrement au Journal officiel, vise à supprimer certaines circonscriptions en vue des prochaines élections législatives, mais aussi à déplacer certains cantons. C'est d'ailleurs ce dernier point que les trois élus ne cautionnent pas.
D'André Flajolet
à Michel Lefait « Ainsi le canton de Norrent-Fontes, aujourd'hui attaché à la 9e circonscription (celle d'André Flajolet, Béthune) rejoindrait la 8 e circonscription (celle de Michel Lefait, Saint Omer). » Un calcul abbérant pour les premiers magistrats. « Ce projet construit par Alain Marleix, secrétaire d'État aux Collectivités territoriales, serait guidé, paraît-il, par les résultats du recensement. Or, si on regarde correctement les chiffres, il n'en n'est rien car on enlèverait à la 9e circonscription le canton de Norrent-Fontes (19 000 habitants) pour lui ajouter le canton de Laventie (18 000 habitants). Au final, nous resterions dans les mêmes proportions d'électeurs. Pour rappel la taille moyenne des nouvelles circonscriptions est de 125 000 habitants. » Selon eux, le projet ne respecte pas l'identité et la nécessaire solidarité qui devrait guider le redécoupage ni les citoyens.
Ils souhaitent que leur territoire et son futur représentant soit attaché à leur bassin de vie et d'emploi.
« Les élus locaux construisent depuis des années des territoires de projets en lien avec le Béthunois. En matière d'urbanisme nous sommes rattachés au schéma de cohérence territoriale de l'Artois, l'accompagnement social du conseil général est piloté à partir de la Maison de solidarité de Béthune, le Pôle Emploi et tous les outils d'insertion sont basés sur Lillers et Béthune, les services de l'état sont centrés sur Béthune... » Les élus concoivent qu'ils doivent être une charnière avec l'Audomarois et qu'il est aussi dans leur intérêt de construire des partenariats avec le Pays-d'Aire, mais ils restent persuadés que leur avenir est attaché au Béthunois. Ils ne veulent pas que le représentant à l'Assemblée nationale ne soit pas issu de leur territoire.
« Nous demandons avant que tout projet soit définitivement adopté de respecter notre identité en laissant le canton de Norrent-Fontes attaché à la 9 e circonscription », clament-ils.
C. R.
L'écho de la Lys
Pas-de-Calais : la 3e et la 11e disparaissent
Elles sont détenues par le PS, ce qui a le don d'agacer les instances fédérales...
Mais c'est un fait, la 3e (Desvres, Lumbres...) et la 11e (Noeux-les-Mines, Laventie) vont disparaître de la carte électorale du Pas de Calais.
La 3e redistribuée... en trois. Un peu sur la 1e, un peu sur la 4e, un peu sur la 6e... La circonscription actuellement détenue par le socialiste Jean-Claude Leroy et qui fut autrefois celle de l'UDF Philippe Vasseur est complètement démantelée.La partie sud (cantons d'Aubigny-en-Artois, Saint-Pol-sur-Ternoise) de ce qui reste aujourd'hui la plus vaste circonscription de France rejoint la 1e , terre d'élection de la socialiste Jacqueline Macquet. Le sud-ouest (Fruges, Hucqueliers, Le Parcq) part lui du côté de l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer pour constituer une 4e circonscription sur mesure pour l'UMP Danielle Fasquelle. Enfin, la partie Nord (Lumbres, Desvres) ira se fondre dans la 6e actuellement détenue par Jack Lang.Pour rééquilibrer les masses, deux circonscriptions « receveuses » abandonnent une partie de leurs anciens territoires à d'autres : la 1e laisse toute la ville d'Arras à la 2e, où se présente la Première secrétaire fédérale PS du Pas de Calais, Catherine Génisson.
Jack Lang, lui, voit partir Calais vers la 7e circonscription de son camarade Gilles Coquempot. Autre enseignement : la 5e du socialiste Frédéric Cuvillier se recentre sur Boulogne.Cette partie du redécoupage pose en tout cas une question : où se présentera Jean-Jacques Leroy ?
Son fief étant tombé dans la circonscription de Jack Lang, les débats d'investiture promettent d'être nourris. À moins que ce dernier ne suive la partie calaisienne de sa circonscription pour un éventuel mano a mano contre Natacha Bouchart, maire de Calais...
La 11e également redispatchée dans le bassin minier. Actuellement occupé par la socialiste Odette Duriez, le siège de la 11e circonscription va disparaître. Ses composantes se répartiront entre la circonscription de Béthune (Laventie) de l'UMP André Flajolet, celle de Bruay du socialiste Serge Janquin (Noeux-les-Mines), celle de Liévin de Jean-Pierre Kucheida (Cambrin, Wingles) et celle de Hénin-Beaumont d'Albert Facon (Carvin).
S.L.
Nord Eclair
Découpage électoral : explosion en vue pour la 3e circonscription
mercredi 01.07.2009, 04:54 - La Voix du Nord
Depuis plusieurs mois, une commission se penche sur le projet de redécoupage électoral du gouvernement. Un travail qui a été rendu public samedi, au Journal officiel. Un document où l'on apprend que le projet « enterre » la troisième circonscription, la plus grande de l'Hexagone avec ses 233 communes.
Dès que le gouvernement a lancé son projet de redécoupage électoral, des regards se sont tournés vers la troisième circonscription tenue depuis 2000 par Jean-Claude Leroy. Trop grande, cette circonscription, avec ses huit cantons. Et surtout, pas assez peuplée, avec ses 106 000 habitants...
Le gouvernement veut en effet que les circonscriptions passent à près de 125 000 habitants. En janvier dernier, lors de ses voeux, Jean-Claude Leroy avait mis en avant la forte augmentation de la population sur son territoire (+ 7 813 habitants entre les recensements de 1999 et 2006) pour justifier le maintien de la troisième circonscription. « Cela va compliquer la tâche de ceux qui veulent la découper », avait alors déclaré le député.
Pas tant que ça, en fait... Car dans le projet gouvernemental, c'en est fini, de la « troisième ». Celle-ci devrait être écartelée. Les cantons d'Aubigny-en-Artois et de Saint-Pol-sur-Ternoise doivent en effet rejoindre la première circonscription (aujourd'hui entre les mains de Jacqueline Maquet, députée PS). Une circonscription qui aura des accents très ternésiens puisque Saint-Pol et Aubigny y rejoignent le canton d'Avesnes. Et comme ce projet de redécoupage est un immense jeu de dominos, ajoutons aussi le canton d'Auxi, sur ce territoire ! Au total, la première circonscription devrait donc rassembler dix cantons : Aubigny, Avesnes, Auxi, Saint-Pol, Bapaume, Beaumetz-lès-Loges, Bertincourt, Croisilles, Marquion et Pas-en-Artois.
Desvres dans la 6e ?
Et le reste de la troisième circonscription, on en fait quoi ?
Eh bien on le dissémine, principalement sur la quatrième circonscription de Daniel Fasquelle. Le député-maire du Touquet, qui a donc perdu le canton d'Auxi, récupère ceux de Le Parcq, Hucqueliers et Fruges. Quant au canton de Lumbres, fief de Jean-Claude Leroy et celui de Desvres, direction la sixième circonscription dont le député est Jack Lang. Pour Heuchin, ce sera la 8e, qui lorgne plus vers l'Audomarois. Voilà pour la cuisine gouvernementale... Une cuisine que la commission consultative veut quelque peu modifier. En effet, la première circonscription, telle qu'elle est proposée, est assez loin du seuil fatidique des 125 000 habitants. Celle-ci peine en effet à dépasser les 105 000 âmes (soit moins que l'actuelle troisième circonscription...) alors que la moyenne départementale est de 121 000. La commission propose donc d'en remettre une petite couche en y ajoutant le canton de Vitry-en-Artois... Ce qui représenterait une circonscription de 295 communes ! Le député qui aura en charge le territoire n'a pas fini d'avaler les kilomètres... •
ALEXIS DEGROOTE
La nouvelle carte électorale prévue pour 2012
J
Les ordonnances procédant au redécoupage des circonscriptions législatives ont été examinées mercredi en Conseil des ministres.

Vingt-trois ans qu'on ne s'y était essayé. L'actuelle carte des circonscriptions législatives, qui répartit les 577 sièges de députés sur le territoire de l'Hexagone, date de 1986 et du redécoupage dirigé par Charles Pasqua, ministre de l'Intérieur du gouvernement Chirac. À l'époque, les Français étaient 54 millions. Aujourd'hui, la population «légale» a été établie à plus de 63 millions. Plusieurs fois différée, la révision de la carte électorale a été engagée fin 2008 par le gouvernement Fillon. Après sept mois de consultations, le projet a été examiné mercredi en Conseil des ministres.
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• Un exercice urgent
Depuis 1986, le Conseil constitutionnel a, à plusieurs reprises, alerté le gouvernement sur les disparités démographiques grandissantes entre les circonscriptions. Le 7 juillet 2005, il formulait plusieurs observations tirées de l'examen des législatives de 2002. Le conseil relevait ainsi «des disparités de représentation peu compatibles» avec la Constitution. Invitant le législateur à procéder au redécoupage, le Conseil ajoutait : «Si cela n'est pas fait avant les prochaines élections législatives, ce qui serait regrettable, cela devra être entrepris au lendemain de celles-ci.» En clair, les Sages menaçaient de ne pas valider le résultat des prochaines législatives si le gouvernement ne s'exécutait pas.
• Des ciseaux et des hommes
Officiellement du ressort du ministre de l'Intérieur, donc de Michèle Alliot-Marie jusqu'au remaniement et de Brice Hortefeux depuis le 23 juin, le redécoupage a en fait été confié à deux spécialistes. Le secrétaire d'État à l'Intérieur, Alain Marleix, et le conseiller spécial du premier ministre, Hervé Fabre-Aubrespy. Les deux hommes avaient participé au redécoupage de 1986. Alain Marleix a également été secrétaire national aux élections de l'UMP jusqu'au lancement du chantier électoral.
• Toujours 577 députés
Le redécoupage se fait à nombre de députés constant, soit 577. La création des nouvelles circonscriptions est compensée par la suppression de circonscriptions dans d'autres départements et notamment les moins peuplés. La répartition se fait par tranches de 125 000 habitants. Jusqu'à ce seuil, un département ne dispose que d'un député. Au-delà, on ajoute un siège supplémentaire par tranche de 125 000. Le projet du gouvernement a été soumis à avis consultatif de la nouvelle commission sur le redécoupage présidée par l'ancien président du Conseil constitutionnel Yves Guéna et du Conseil d'État, qui a rendu ses derniers arbitrages vendredi.
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• 67 départements concernés
À l'origine, Alain Marleix souhaitait un redécoupage «a minima», touchant moins de la moitié des départements. Au final, quarante-cinq départements voient leur nombre de députés évoluer à la hausse ou à la baisse et sont redécoupés. Vingt-deux autres sont soumis au «remodelage», c'est-à-dire à une modification du contour de leurs circonscriptions à nombre constant.
• Des cas particuliers
Contrairement aux souhaits du gouvernement, le Conseil constitutionnel a mis fin à la tradition de deux députés minimum par départements, en vigueur depuis le début de la IIIe République. La Creuse et la Lozère ne seront plus représentées que par un député en 2012. Une circonscription unique a également été créée pour Saint-Barthélemy et Saint-Martin alors que le projet gouvernemental en prévoyait deux à l'origine. Comme l'avait promis Nicolas Sarkozy, les Français vivant à l'étranger seront représentés par onze députés : six pour l'Europe, deux en Amérique et en Afrique et un pour l'Asie et l'Océanie.
• La balance des forces
Sur les 33 circonscriptions électorales supprimées, «18 sont actuellement situées à gauche et 15 à droite», assure Alain Marleix. Un écart moins important que celui présenté dans les premiers projets, où deux tiers des sièges supprimés étaient détenus par l'opposition. «Les avis de la commission Guéna et du Conseil d'État nous ont permis d'imposer certaines suppressions dans nos rangs», explique un cadre de l'UMP. À l'inverse, le gouvernement a pris garde à ne pas «provoquer inutilement» la gauche en s'attaquant aux sièges de ses barons. «Il n'a jamais été question pour nous de nous attaquer au siège de François Hollande ou d'Arnaud Montebourg», explique un proche du dossier.
• Les critiques de la gauche
Cette précaution ne suffit cependant pas aux yeux du PS. À l'équilibre 18-15 qu'avance Alain Marleix, le secrétaire national aux élections du PS Christophe Borgel oppose sa propre estimation : «Si on applique ce redécoupage aux résultats de 2007, la droite disposerait de trente sièges de plus qu'aujourd'hui et décrocherait 24 des 33 nouvelles circonscriptions», assure-t-il. «Nous avons calculé que la gauche doit recueillir 51,3 % des suffrages au niveau national pour être majoritaire à l'Assemblée», estime Bruno Le Roux, qui était en charge des élections au PS auprès de François Hollande.
• Au Parlement cet automne
Les ordonnances seront soumises au Parlement pour une ratification express début octobre et ne pourront être l'objet d'amendement. Le débat est même traditionnellement formel au Sénat, qui se garde de trop intervenir dans le processus d'élection des députés. Le Conseil constitutionnel peut être saisi après ratification du projet. «Le risque pour la gauche est que les Sages remettent tout à plat, y compris dans les départements où le redécoupage leur est favorable, explique un expert de l'UMP. Et comptez sur nous pour aiguiller les Sages.» Une menace que certains minimisent au PS. «Quelques gages ne suffisent pas à faire oublier une telle disparité de traitement, assure Bruno Le Roux. Ce projet est tellement déséquilibré que l'on ne risque pas grand-chose à le porter devant le Conseil constitutionnel.»
Projet de redécoupage des circonscriptions électorales
Alain MARLEIX a présenté en conseil des Ministres le projet de redécoupage des circonscriptions électorales. « Ordonnance portant répartition des sièges et délimitation des circonscriptions pour l'élection des députés »