Unesco : Lens montre l'exemple
Le maire de Lens Guy Delcourt a présenté ses projets pour la conservation du patrimoine.
Faire reconnaître le bassin minier par l'Unesco ne sera qu'une étape et il s'agira ensuite pour les communes de protéger le patrimoine. La ville de Lens a déjà pris en compte ces questions et les autres communes minières sont invitées à l'imiter.
«sauf accident, nous avons gagné », a annoncé, non sans fierté, Jean-François Caron, président de l'association Bassin minier Unesco - BMU.
« Tout nous laisse penser que nous serons le prochain dossier déposé par la France auprès de l'Unesco. Mais nous ne gagnerons que si les communes prennent des engagements pour que ce patrimoine soit toujours là dans 20 ans et après. » Toutes les sommités de la vie locale qui étaient réunies samedi matin à Lens s'accordaient sur un point : l'inscription au patrimoine mondial du bassin minier ne sera pas un aboutissement mais bien une première étape. « Nous devons édicter des règles pour conserver notre patrimoine. Ce n'est pas un monument mais tout un territoire qui est candidat. Nous présentons une empreinte collective partagée par tous les bassins miniers du monde. Nous ne nous situons pas dans la nostalgie : nous sommes fiers de notre passé mais nous devons aller de l'avant. Ainsi, il est tout à fait possible de réhabiliter des cités minières selon les dernières normes environnementales tout en conservant le caractère des habitations », estime Jean-François Caron.
« Il ne s'agit pas de tourner la page mais de l'encadrer et de l'accrocher », selon la formule d'
Alain Wacheux, président d'Artois-Comm, applaudi par les autres défenseurs du dossier. Guy Delcourt, maire de Lens, a voulu montrer l'exemple et a invité les élus et responsables en lien avec le projet à une visite des cités lensoises remarquables : la cité 9 et l'église Saint-Théodore, la cité des Provinces et l'ensemble scolaire Pasteur, la cité 12, les chalets rue Charcot, les Grands Bureaux.
60% des logements lensois sont des maisons des mines En deux heures, les visiteurs ont découvert les spécificités des cités les plus remarquables et les projets que la ville souhaite y mettre en place. « 60% des logements de la commune sont constitués de maisons des mines. L'objectif est de conserver les plus belles cités et de les rénover avec le plus de soin possible. Ainsi, le Plan local d'urbanisme qui doit être mis en place sur la commune s'est attaché à respecter le patrimoine architectural ; des règles ont été élaborées pour la rénovation des maison des mines ; un projet de déambulation avec des oeuvres d'art devrait être mis en place pour inviter les visiteurs à découvrir les cités minières... » Autant d'initiatives que l'association BMU souhaite voir fleurir à travers les communes concernées par la candidature pour conserver et mettre en valeur les éléments notables du patrimoine minier.
Outre les cités minières, une réflexion doit être menée autour des chevalements, des terrils et même les paysages qui ont été transformés par l'exploitation minière. Autant d'éléments dont le caractère exceptionnel n'a pas échappé à Isabelle Petonnet, sous-préfète de Lens, qui a partagé son enthousiasme : « Je suis très contente d'être ici, vraiment très contente. L'architecture a du charme, les terrils sous la neige, c'est très beau. » Mais la représentante de l'Etat s'est bien gardée d'annoncer quoi que ce soit concernant la décision politique qui doit être prise en octobre, même si « normalement, il y a de très fortes chances pour que le bassin minier soit retenu ». Si c'est le cas, l'Etat déposera le dossier de candidature au mois de janvier. Débutera alors une période de 18 mois au cours desquels les experts de l'Unesco éplucheront la candidature, en s'intéressant notamment aux précautions prises pour la sauvegarde du patrimoine.
L'Avenir de l'artois(19/06/2009)